LE PHENOMENE DU DEFILE DE CENTRAL SAINT MARTINS

Fredrik Tjærandsen, designer norvégien et diplômé de l’école Central Saint Martins, a fait frémir la Fashion sphère ce week-end, avec sa collection de robes en ballons de baudruche. Il a puisé son inspiration dans ses souvenirs d’enfance, sirotant la brume et le brouillard de la mémoire d’un enfant. Lors du défilé, la collection est pensée selon un triptyque d’état d’âme : les robes gonflées représentent le flou des souvenirs. Puis, ces ballons émergent sur le catwalk, les robes représentent le rêve. Enfin, en se dégonflant, la robe incarne la conscience. Techniquement, pour penser de manière éthique ses créations, le jeune designer a travaillé avec des entreprises locales de caoutchouc au Sri Lanka. Chaque création a nécessité près de cinq mètres de caoutchouc, fait dans la mesure du possible avec des plantes. Ainsi, il a créé toute une collection sur la base de ce matériel, en le redéfinissant de manière différente sur chaque vêtement, par son drapé ou par son étirage.


Durant le défilé, chaque robe était suffisamment remplie d’oxygène pour respirer durant trois heures dans la robe. Dans le rendu, des mannequins étaient cachées sous des ballons de baudruche qui se dégonflaient, à l’initiative du mannequin qui le porte, pour se transformer en robes singulières et proches du corps. Ce défilé a été viral sur Instagram.

En effet, force est de constater que la frontière est fine entre la mode et la technique. La mode ne cesse de se réinventer, repoussant les frontières du conventionnel, en utilisant d’autres matières.

Il serait possible de rapprocher ce changement de paradigme avec la collection « Fish and Fight » des deux vainqueurs du 33ème Festival International de la Mode et de la Photographie de Hyères, Rushemy Botter et Lisi Herrebrugh. Les nouveaux directeurs artistiques de la Maison Nina Ricci avaient imaginé une collection à base de matières recyclées. En ce sens, au regard de l’existence d’un territoire de déchets plastiques au bout milieu de l’océan, les deux designers avaient imaginés une collection en tant que revendication politico-environnementale. Pour ce faire, la collection « Fish and Fight » a été réalisé à partir de filets de pêche recyclés, de sacs en plastique et de bouées gonflables.

La mode se calque, ainsi, sur la fameuse maxime de Lavoisier « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » en détournant les objets de leurs fonctions premières. La créativité prend une autre voie face à la prise de conscience environnementale. L’upcycling prend tout son sens, l’industrie de la mode étant sur le podium des industries les plus polluantes. Le vêtement est repensé, les matières sont recyclées et l’écologie est au cœur du défi.

(sources Comptes Instagram @fredriktjaerandsen et @bafcsm)

Maï TON-THAT

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