Les cas de violations de droits d’auteur les plus connus au monde : #9

Le droit de la propriété intellectuelle reste pour beaucoup une notion particulièrement vague et difficile à comprendre. Laissez-nous vous montrer combien ce droit est concret et fascinant grâce à ces 10 affaires qui ont défrayé la chronique !

#9. Isaac Newton contre Gottfried Wilhelm Von Leibniz (fin du 17ème siècle – début du 18ème siècle)

Les faits qui suivent ne sont là encore pas tout à fait une « affaire » au sens juridique du terme en ce qu’il n’y a jamais eu aucun jugement les concernant. Toutefois, cette histoire est probablement l’un des plus vieux cas de plagiat potentiel qui soit abondamment documenté. De nos jours, tant le physicien anglais Isaac Newton (1643-1727) que le philosophe allemand Gottfried Von Leibniz (1646-1716) sont reconnus comme ayant participé à l’invention du « calcul différentiel » et ont donc, dans l’esprit des historiens, la qualité de co-auteurs. Mais au tournant du 18ème siècle, l’affrontement Newton-Leibniz a donné lieu à l’un des débats scientifiques les plus violents de l’époque.

 

Le calcul différentiel est une méthode mathématique résidant dans l’étude du changement perpétuel. La question de son invention a été sujet à controverses puisque Isaac Newton a en effet travaillé sur le sujet dès 1665, l’intitulant « science des fluxions ». Néanmoins, l’anglais n’a partagé sa trouvaille qu’avec la publication de son traité scientifique « Les Principia », en 1687. Mais en Allemagne, 3 ans auparavant en 1684 ? l’allemand Leibniz avait d’ores et déjà divulgué l’invention dans une gazette scientifique, la « Acta Eruditorum » et approfondi la notion en 1686 dans la même gazette. Leibniz a donc publié la méthode de calcul avant l’inventeur de la force gravitationnelle. Mais cela n’a pas empêché Newton de se faire surnommer le « Père du calcul » ce qui a profondément révulsé Leibniz. S’en sont suivies plusieurs décades durant lesquelles les partisans des deux génies se sont allègrement invectivés par voie de presse et joyeusement empoignés par missives interposées.

Il fallut attendre que la mort vienne arbitrer le débat avec le décès de Leibniz en 1716, laissant Newton libre de clamer haut et fort sa paternité. Cette affaire démontre que dès le 17ème siècle, bien avant que la propriété intellectuelle soit clairement théorisée comme une branche du droit, les auteurs de travaux et d’œuvres de l’esprit avaient déjà le plus grand mal à démontrer leur paternité sur leurs créations, et ce problème persiste encore aujourd’hui.

 

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